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Montmartre. 25 juillet 2019

J’ai posé les clefs sur l’étagère. 
J’ai dit à Marine que l’agent immobilier passerait les récupérer demain vers 13:00.
J’ai regardé le M. toujours collé au-dessus de la porte. Je n’ai pas eu envie de pleurer. J’ai souri.
Il reste deux jours de braderie. Sans moi. 
Moi demain, je récupère l’amour de ma vie et je mets deux maillots de bain et trois bouquins dans une valise.
Je suis arrivée ici il y a deux ans. C’était le 1er mai 2017. C’est rien deux ans. Et pourtant, parfois, ça suffit pour changer une vie.
Je me souviens le 1er mai 2017, je suis arrivée ici avec 10 clients, 6 iMacs, 5 consultants, un sac Chanel, une paire de Louboutin et des cartes de visite noires et dorées dans mon portefeuille.
Dessus, il était gravé :
« Milbox. Agence de communication & de relations presse »
Et en dessous, j’avais fait ajouter :
« Soyez différent . Soyez vous-même »
J’avais un compte Twitter et je déjeunais avec des gens importants dans de beaux restaurants.
25 juillet 2019. Je pose les clés sur l’étagère. La folle histoire de M. va se poursuivre ailleurs.
J’ai claqué les 40 000 euros d’économies de la boîte pour ouvrir enfin un magasin qui va ressembler à un magasin. Avec une vraie caisse. Ça parait con. Chacun ses victoires. Une vraie caisse j’en rêvais plus que d’une paire de Louboutin.
Ce matin, j’ai fait les comptes. J’ai eu les j’tons. Et je me suis dit t’as plus une tune mais t’as les cartes en main.
Balles neuves.
Samedi, nous nous envolerons pour la Grèce. Pour vivre, respirer, nager, écrire, lire, bouger, penser, construire, boire, rire, nager encore.
Sans Instagram.
Pour savourer le chemin parcouru. 45 ans. Quel âge incroyable.
Je sais, tout au fond de moi, que le meilleur est à venir. Parce que le travail paie. Parce que parfois, je geins, j’ai la trouille, je râle, je gueule. Parce qu’être une femme seule, maman et entrepreneur parfois ça vous met la tête à l’envers. Parce que tu dors pas, tu cogites, t’as l’impression qu’il y a dix personnes dans ton cerveau pas d’accord entre elles.
Mais c’est bon, putain que c’est bon. De se battre, d’y croire, et d’y arriver un brin.
J’ai posé les clés sur l’étagère et j’ai quitté la rue Lamarck.
On y est. 
Y’a plus qu’à.

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