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Paris. 8 mars 2018.

Milo jouait dans son bain. Ses petits bateaux de toutes les couleurs flottaient à la surface de l’eau.

Le téléphone a sonné.

« Bonsoir Monsieur le Ministre.

Oui, bien sûr, je suis très heureuse que vous ayez pensé à moi. Vous me laissez une heure pour réfléchir? »

J’ai raccroché. 

J’ai regardé Milo qui jouait toujours dans son bain. Il avait 3 ans à peine. Il faisait le bruit du moteur du bateau avec sa bouche. Et j’ai su que j’allais dire non.

Un homme aurait dit oui.

Je me suis mordue l’intérieur des lèvres pour ne pas pleurer de rage.

Etre une femme. Vouloir être ici et ailleurs, vouloir être une mère mais pas que, concilier, chercher cet équilibre impossible, s’en approcher toujours, ne jamais l’atteindre vraiment. Ce tiraillement permanent entre l’envie d’assouvir son moi et son instinct de chef de clan.

Parce que même si l’homme moderne est moderne, l’égalité n’est qu’un mirage, un truc qu’on met à la Une des journaux chaque 8 mars pour expliquer qu’une femme gagne 25% de moins qu’un homme et que c’est déguelasse.

Si c’était qu’une histoire de fric.

Jamais un homme ne prendra rendez-vous chez le pédiatre. Jamais il ne calera l’atelier du quai branly pour que les enfants connaissent la symbolique des statuettes africaines. Jamais il ne calera la nounou ni le train des vacances de février en ayant un carré & le tarif enfant +. Mais il est là. A sa façon. 

Être une femme de 44 ans, c’est sans doute accepter que certains combats ne valent pas le coup d’être menés.

Mais il y en a d’autres. Non négociables. Notre combat pour être libres, indépendantes, fortes, pour choisir d’avoir un enfant ou pas, notre droit à avoir un chéquier, pas si vieux, notre droit à quitter Monsieur si on s’emmerde, notre droit de faire l’amour ou pas. Fuck le devoir conjugal. Notre droit de jouir, de rire, de vivre, de réussir. D’être nous. D’être libres.

Je suis une femme et je ne voudrais pas être autre chose. Je rêve de lever le poing et de continuer le combat de ces féministes à qui l’on doit tant mais je n’ai pas le temps. Une femme n’a jamais le temps. Mais je suis fière de nous. Parce que chacune à notre façon, nous faisons tourner cette terre un peu plus rond.

#8mars

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